Je n’écris plus souvent. Ce n’est pas faute d’avoir envie, ou besoin, parfois, de laisser une trace d’une idée, d’une pensée, d’une envie, d’une interrogation, ou que sais-je encore. Mais j’ai parfois comme l’impression de tourner en rond.

Je voue une grande passion au décryptage des relations humaines. Amoureuses, amicales, familiales, fraternelles aussi bien d’un point de vue strictement génétique qu’émotionnel, professionnelles, courtoises, intéressées, ou désintéressées. Je passe le plus clair de mon temps à y songer, dans tous leurs contextes. Je crois que j’ai besoin de ça, des autres, de leurs histoires, leur vécu, leurs joies, leurs peines, leurs ambitions, leurs déceptions, leur amour, leur haine. Tout ce qui fait qu’ils vivent, sont eux.

Je me sens vivre en sentant les autres vivre. On pourrait penser qu’il s’agit d’une vie par procuration, mais je n’ai pas le sentiment que ça soit le cas. Je le vois plutôt comme un intérêt sain et paisible. Je suis heureuse lorsque les autres le sont. J’essaie tant bien que mal de faire en sorte qu’ils le soient, pour l’être aussi, non pas que mon bonheur dépende du leur, mais parce-que mes actions, l’impact de mon passage dans leurs vies n’est pas vain.

Seulement parfois, il m’arrive aussi d’avoir le sentiment d’être incroyablement seule.

Je ne le suis pas. J’en ai parfaitement conscience. C’est d’autant plus perturbant.

Je voue ma vie au bien-être de ceux et celles qui croisent ma route, lorsque je ne suis pas suffisamment épuisée pour involontairement les ignorer, ce qui se fait de plus en plus rare. Je suis heureuse d’avoir sauvé des vies, des  couples, des grands moments sur le point de basculer en cauchemars. Je sers à quelque chose et j’ai profondément besoin de ça. J’y prends un grand plaisir, j’ai cette image d’une graine qu’on plante et qui donnera un bel arbre rapidement, lui aussi prêt à donner la vie à un autre arbre.

Je fais de ma vie un grand et luxuriant jardin qui se développe à chacune de mes actions. Parfois, une parcelle brûle, mais donne ensuite un magnifique terrain vierge prêt à accueillir  une vie meilleure et plus équilibrée. Parfois, il y a des échecs, mais la nature fait son boulot et m’aide à rétablir cet équilibre indispensable à un écosystème toujours fragile.

J’ai relu l’intégralité de ce blog ce soir. Je me suis vue grandir, j’ai revu certaines épreuves, certaines angoisses. Je ne m’y retrouve plus aujourd’hui, pour les plus anciennes surtout, mais elle ont fait le petit bourgeon prêt à éclore que je suis. Ces instants ont compté, ils appartiennent au passé mais sont importants. Ce sont les parcelles brûlées qui laissent la vie revenir avec bien plus de douceur qu’auparavant.

Je me sens bien. Seule, mais bien. Je suis en accord avec tout ce qui fait de moi… moi, et je crois que je cherchais ça depuis bien longtemps. Quand je pensais le trouver dans mes relations aux autres, ces relations m’ont appris à le trouver chez moi et moi seule, et c’est une grande victoire.

Ce soir, j’ai envie de vomir. L’insensibilité de certain(e)s, leur manque de compassion, et leur individualisme me filent la gerbe. Ces trois manquement à ce qui me semble être une part importante de ce que devrait être l’humanité se retrouvent fréquemment face à moi avec une violence extrême. J’ai du mal à saisir comment un être humain, qui naît à priori en toute innocence, peut évoluer aussi maladroitement, devenir si cruel et exempt de toute qualité émotionnelle. Le bien, le mal, tout ça, c’est abstrait, je le conçois, mais ça ne m’empêche pas d’avoir du mal à l’accepter au delà des règles et des définitions. J’en ai des hauts-le-cœur, des frissons de dégoût, je me sens comme seule, parfois, bien que j’ai su m’entourer d’autre êtres humains bienveillants et capables de discernement, d’émotions, de sentiments, et de respect, surtout.

Je n’arrive même plus à pleurer. J’ai comme un bouchon formé quelque part entre mes poumons et mon estomac. Plus rien ne rentre, plus rien ne sort. C’est difficile.

Le monde va mal. Je ne m’y sens pas souvent à ma place. Rien à voir avec un appel au secours, loin de là, juste une constatation.

Je me dis que je pourrais facilement glisser vers la haine, moi aussi. Mais je n’y arrive même pas. Je ressens pitié, et compassion. Je me dis qu’il faut vraiment avoir vécu de réelles saloperies pour en arriver là. Alors je suis encore plus triste. C’est un cercle vicieux, sans utiliser l’expression populaire. Un cercle vicieux, au sens le plus propre possible de ces mots collés ensemble.

C’est bon de sortir d’une période de déprime. C’est cool d’être capable d’apprécier les gens et les moments. C’est cool de retrouver ses amis, ceux qui nous accueillent à bras ouvert comme si de rien n’était alors qu’on les a un peu oubliés pendant un temps, trop focalisés sur nos petits problèmes existentiels pour sortir de notre bulle angoissante.

J’ai passé la dernière soirée à, tantôt rire, tantôt résister à la fatigue (à moins que ça ne soit à l’alcool), j’ai retrouvé ces petits univers qu’on s’est construits, soit tous ensemble, soit à deux, qui s’entrechoquent parfois mais avec une facilité et un naturel déconcertants.

Ça m’avait manqué.

Cinq années de hauts et de bas. Des “pourquoi”, des “comment”, des interrogations évidentes et des interprétations des signes du destin lorsque le destin n’est pourtant pour moi qu’un concept erroné. Des joies très fortes, des peines aussi, de la jalousie camouflée, de la résignation, des moments de doutes et d’autres sereins, un yoyo allant de d’une certitude à une autre totalement opposée.

Ah mais, ça n’a pas changé. Mais la situation, elle, oui. Elle évolue, et le contraire serait anormal, voire carrément flippant. Mais les changements aussi, sont flippants. Ils sont lents, minimes, mais ils existent.

D’où viennent-ils ?

Parfois je me demande si une évidence ne se serait pas cachée dans un recoin, juste pour ne pas être vue. Parfois, je me demande plutôt si une évidence que je pensais cachée ne serait pas plutôt le fruit de mon imagination. Parfois, je me demande si je perçois réellement une évidence, qu’elle soit fictive ou réelle.

Des questionnements, encore et toujours. Ils avaient disparu quant à ce sujet précis, mais sont réapparus ce soir, parce-que ce soir, j’ai dessiné des petits cœurs roses et violets et taggué un nom en rouge et doré. C’est moche, mais ça m’a fait rire.

J’ai des principes auxquels je tiens mais certains sont faillibles, surtout concernant tout ça. Je me le suis déjà prouvé involontairement plus d’une fois. Il est là, le doute. Est-ce l’évidence-même que je dois ouvrir cette porte, ou plutôt l’évidence-même qu’elle doit restée fermée à double tour avec la clef jetée au loin ? Mais quand je dis “au loin”, c’est vraiment très loin, parce-que le danger de voir ses propres principes réduits à néant est un danger que je ne souhaite pas provoquer. Oui mais, si j’ouvre cette porte, ses principes n’auront plus aucun raison d’être bafoués, et le soucis serait réglé.

Elle est pas belle, la vie dans ma tête ?

Et là c’est “wow”. C’est le seul mot qui te traverse l’esprit. Ce “wow” fait le tour de ta tête et tu ne comprends toujours pas pourquoi il est la seule chose qui te vienne instinctivement quand t’y pense.

Je veux dire, quand tu t’attends à tout sauf à ça.

C’est tellement facile que ça en est déroutant.

Plus je grandis, plus tout me semble compliqué. J’essaie en vain de chercher un sens, une raison, un explication à tout. Si ce n’est pas sur l’instant, ça sera une heure, un jour, un mois ou un an plus tard. Mais je chercherai, je creuserai des heures durant sans jamais abandonner. Je ne trouverai, la plupart du temps, aucune réponse, et ces questions ne seront jamais enterrées, elles hanteront ma tête à jamais. Je voudrais m’en débarrasser, mais je n’ai pas encore trouvé comment.

Certains diront qu’il est bénéfique de s’en poser, mais quand elle ne trouvent pas de réponses et restent ancrées dans ma petite tête comme un ectoparasite sur le cou de Sheppard (kikoo la référence), puis s’additionnent aux précédentes, elles finissent par prendre tout l’espace que je pourrais bien avoir. Je me perds dans ce foutoir, je ne vois plus ce qu’il y a autour, je m’embourbe et je finis par m’isoler complètement, pensant que la solitude m’aidera à comprendre. Ça fonctionne un temps, puis pouf, un élément réveille tout ce que j’ai réussi à camoufler sous le tapis.

J’envie tous ceux qui savent profiter de ce qu’ils vivent. Qui savent profiter, en fait. C’est quelque chose que je n’ai jamais trop su faire, ou alors seulement en surface, parce-que dedans c’est culpabilité et compagnie, même quand en toute objectivité je sais qu’il n’y a aucune raison. Mais oui, je vais quand même essayer de la trouver, cette raison à la con.

Certains disent que la plupart des gens s’imaginent ne pas mériter ce qui leur arrive de bien, ce qui explique le fait qu’il ne sachent pas profiter du positif de leur vie. Peut-être en fais-je partie, peut-être pas. Je ne sais pas. Mais je commence déjà à essayer de savoir tout en sachant que je ne saurai probablement jamais. Sympa, n’est-ce pas ?

Bref, aujourd’hui, j’ai fait l’amour avec un inconnu, juste comme ça, pour voir, en toute sobriété, en pleine journée, sans contrat implicite. C’est une première. Je me suis convaincue de profiter des opportunités de la vie qui me semblaient tentantes, et puis je suis rentrée chez moi. Depuis six heures, je passe ma vie en boucle cherchant des raisons, des explications, des concordances ici et là avec des détails vus, touchés, sentis, ou ressentis. Mon crâne va exploser. Je sais que j’ai projeté sur ce type quelqu’un de bien précis, mais il manque quelque chose, ce qui se passe dans mon esprit est plus complexe que ça, et de toute façon,  le problème ne vient pas de là puisque je connais déjà cette réponse.

J’ai envie de pleurer. Rien à voir avec le début de ma journée, pourtant. Je suis las, tout simplement. J’ai l’impression de ne rien comprendre. Je ne sais pas lâcher prise pour de vrai. Ces derniers temps c’est pire que tout. Comme l’impression de voir le film sur ma vie doublé en mandarin sous titré russe : je ne comprends rien. Et c’est épuisant. Jusqu’à ce que j’oublie pour un temps.

Juste pour que ça soit clair : je ne suis pas un monstre.

Je ne sais pas d’où vient cette foutue tendance chez les gonzesses qui entourent de près ou de loin les mecs que je côtoie ou que j’ai côtoyé, à presque systématiquement penser que je voue ma vie à essayer de pécho les mecs des autres. Evidemment qu’à nos yeux, notre amoureux est toujours le plus beau, le plus cool, le plus le mieux… sinon c’est qu’il y a un problème, mais votre “plus-mieux” n’est pas forcément le mien. Que j’ai eu l’opportunité de vivre une histoire avec un mec, qu’elle ait duré 3 jours ou 3 ans, ne vous en faites pas : quand je m’éclipse, je ne fais pas semblant, et mes ex-copains / ex-flirts / ex-potes (rayez la mention inutile selon la situation), s’il sont “ex”, ce n’est pas pour rien.

Vous avez le droit de me détester d’une façon viscérale et irraisonnée parce-que j’ai fait partie, que ça soit d’une courte ou d’une longue durée, de la vie de cette personne qui est aujourd’hui tout (ou presque) à vos yeux, mais ça ne vous autorise absolument pas à me cracher à la gueule alors que vous ne me connaissez pas, ou alors seulement sur ce que vous avez pu entendre par le biais d’un téléphone arabe pourtant bien connu pour ne pas être digne de confiance, surtout lorsqu’il concerne des relations amoureuses, ou plus simplement humaines.

Il semblerait que je marque les esprits. J’ai du mal à l’admettre, mais les faits sont là : on me le dit, me le répète, et je commence à l’accepter et à le voir par moi-même après dix ans de refus catégorique.

Jusqu’à mes 17 ans, j’ai toujours été le vilain petit canard. Je n’avais pas d’amis, les mecs préféraient toujours se foutre de ma gueule plutôt que d’envisager une seule seconde d’être proches de moi. Je ne m’entendais pas avec les filles non plus, malgré mes efforts. J’ai toujours eu une ou deux copines qui, comme moi, étaient du genre impopulaires, mais si on se regroupait, c’était surtout par défaut, pas vraiment parce-qu’on accrochait. J’ai fait une dépression violente, pensant que je ne devais pas être normale, à ne pas réussir à aimer ces personnes autant qu’on est censé aimer en amitié. Pendant un an, j’ai vécu comme un zombie à ne jamais quitter ma chambre, à ne prendre que deux ou trois douches par semaine, et ne me lever de mon lit ou de ma chaise de bureau que pour manger/chier/pisser. Je me sentais seule depuis 17 ans, forcément, ça ne pouvait pas se passer autrement. Puis dès le moment où, je ne sais vraiment trop comment, j’en suis sortie, toute ma vie a changé : je me suis fait mes premiers amis, j’étais celle que la plupart des mecs voulaient se taper au moins une fois – pour la gloire – et je suis devenue populaire. Ça a été un changement radical dans ma vie que je n’ai jamais su expliquer, mais que j’ai fini par voir, bien que ça m’ait pris du temps. Ça m’a aidée à m’affirmer, ou bien est-ce ce début d’affirmation de moi-même qui m’a permis d’accéder à ce type de popularité, je ne sais pas trop, mais le fait est qu’aujourd’hui je me suis construite. Je sais qui je suis, ce que je vaux, où je vais, pourquoi, et qui j’ai envie de voir faire partie de cette vie que j’essaie de mener. C’est peut-être ça, qui attire tant les autres. Et c’est peut-être cette attirance étrange et que j’ai aussi du mal à comprendre (j’ai passé davantage de temps à me détester qu’à m’aimer, forcément, les séquelles restent) qui fait qu’aujourd’hui je m’en prends tout autant plein la gueule pour pas un rond. Il paraît que ça s’appelle de la jalousie. Je ne sais pas trop. Je penserais plutôt à de la peur, de l’angoisse, parce-que je crois avoir déjà ressenti ça aussi.

S’il s’agit de jalousie, rien de ce que je puisse dire ou faire n’y changera grand-chose pour vous, alors il vous faudra travailler sur vous-même et votre propre estime pour atténuer ce sentiment handicapant.

Si, comme je le pense, il s’agit d’une sorte d’angoisse ou de peur, alors je me répète : je ne suis pas un monstre, et cette popularité (même si elle est de plus en plus décroissante – on vieillit tous) n’est pas quelque chose de volontaire, ni de recherché. Je ne l’ai jamais demandée. Je ne m’en plains pas, mais je m’en passerais tout aussi bien. Et qui dit “involontaire”, dit aussi, par déduction, que non, je ne m’en sers pas comme d’une arme pour faire des coups bas à des filles que je ne connais même pas, tout ça pour une histoire d’ex à la con (l’histoire, pas l’ex, quoique ça dépend desquels on parle, faut pas déconner).

Si vraiment je vous obnubile tant que ça, sachez que ma porte (ou ma messagerie facebook, soyons modernes), vous est ouverte. Je veux bien parler avec vous, peut-être même que j’en sortirais ravie. Et peut-être aussi que ça cassera le mythe que vous vous faites de moi. Je ne suis ni “plus-mieux”, ni “connasse”. Vous pourriez le voir par vous-même, alors détendez-vous, arrêtez de stresser, et rendez-vous compte que je ne vous veux aucun mal.

P.S. : Je sais que certaines d’entre-vous lisent ce blog, j’en ai eu des échos. Vous avez le droit d’ignorer cette perche que je vous tends, mais si c’est le cas, assumez-le pleinement, ne jouez pas les aveugles… Je lance simplement une proposition à durée indéterminée pour qu’on soit tous heureux, et non pas pour vous afficher (sinon, je donnerais des noms, soyons logiques).

Je crois que je me suis fait une nouvelle amie.

C’est très étrange, quand on stagne depuis quelques mois entre déprime et résignation, de voir toute son habituelle humeur morose chamboulée par quelques confidences imprévues, entre un carton rempli de vomi près d’une poubelle, et un reste de paparazzis toujours planqués après le passage de je-ne-sais-qui-si-ce-n’est-qu’il-paraît-que-c’était-Johnny.

Samedi soir, je partais sans trop d’espoirs quant à ma soirée. Dimanche matin, je buvais un café avec quelqu’un qui me plaisait, m’intéressait, me touchait, et m’apaisait. L’alcool aidant sans doute, nous nous sommes dit aurevoir en nous prenant dans les bras l’une de l’autre, nous promettant de nous revoir dans deux jours et demi, ce que nous fîmes. On m’a offert un lit, de la bière, en échange de musique d’ambiance et de cigarettes. On a ri, parlé du passé qu’on n’avait absolument pas en commun, on a presque pleuré, aussi, en lisant une lettre d’une beauté époustouflante, cachée là, entre deux pages d’un carnet de note quasiment vierge.

Il y a deux semaines exactement, à cette heure-ci, je me trouvais dans un RER en direction d’un tournage qui m’angoissait un peu. Aujourd’hui, le retour en arrière n’est plus possible, mais j’y ai gagné une aventure humaine formidable. La chance a été de mon côté durant tout ce temps, je n’avais simplement pas eu l’occasion de l’apercevoir.

Je ne sais pas comment vous [les athés] faites… elle doit être tellement triste, la vie, quand on ne croit en rien.

Personnellement, je crois en la science, en l’apprentissage, en l’amour et en la réflexion. Et surtout, je crois en les expériences de la vie qui forgent en permanence ma propre perception du bien et du mal, au lieu de suivre bêtement celle de je-ne-sais quel prophète, dont l’argument principal est de m’éviter la punition divine de l’Enfer pour accéder à la récompense suprême du Paradis. Comme si j’étais un chien-chien à qui on allait donner un su-sucre pour avoir feint d’être une bonne personne, une fois que je serai crevée. Je crois en la sincérité de mes sentiments, pas en une hypocrisie qui consiste à simuler la bonté selon les principes d’une tierce personne dans le seul but de sauver mon cul des flammes. Vivre une vie dictée par la peur du châtiment ne m’intéresse pas.

L’important, ce n’est pas la finalité, c’est l’évolution pour y arriver. La destination contre la route. Le résultat contre le travail. La mort contre la vie.

Chercher quelque chose avant même d’avoir une raison de le vouloir. Imaginer l’ensemble d’un rêve accessible et qu’on pourrait résumer en une seule phrase de cinq mots. Comme si on construisait une toiture sans avoir encore posé les murs, sans avoir encore le terrain. Une toiture volante.

Non, ça n’existe que dans les Sims ça, et encore, il te faut un code de triche. Comme quoi.

Je ne sais pas si je dois encore m’attendre à quelque chose. Je veux dire par là que j’ai déjà donné, vécu pas mal, bien plus que beaucoup de gens que je rencontre ou connais déjà. Oui mais voilà, c’est comme si ça ne me suffisait pas.

Il me faut des montagnes russes, il me faut du stress, il me faut de l’imprévu, des peurs, de la hargne, de la fuite, de l’attraction, de l’interdit, du conventionnel et de l’extravagant. Tout ça en même temps. Il me faut de quoi écrire, dessiner, photographier, penser, chanter, danser, hurler, me battre, pleurer, et aimer. Tout ça en même temps. Il me faut du rassurant, mais aussi de l’adrénaline. Je veux pouvoir vivre en me laissant vivre, mourir à petit feu tout en m’accrochant à un espoir vain. Je veux foncer droit dans le mur, essuyer des échecs, je veux vaincre et prendre la première place du podium. Je veux assumer des erreurs, assumer des réussites, je veux avoir honte, je veux m’en vouloir, je veux être là quelque part à attendre que ça me tombe tout cuit dans le bec tout en ayant la sensation que je n’y suis pas pour rien juste parce-que c’est moi. J’ai envie qu’on m’enfonce, qu’on me déteste, qu’on m’aime, me soutienne, me délaisse.

Où se situe la logique ? Comment ne pas se plaindre intérieurement d’un paradoxe si désiré ?

Parfois je le touche du doigt, juste du bout du doigt. C’est doux, ça sent bon, c’est vivifiant. Et puis ce détail. Celui qui précisément me rend fière et me donne cette sensation d’utilité publique à laquelle je me tiens fermement, qui devient alors mon pire ennemi. J’aide, chaque jour. J’ai sauvé des vies, des couples, des hommes, des femmes aussi. Je leur ai donné de quoi croire en quelque chose, une oreille à laquelle murmurer leurs plus horribles secrets. Mon appartement est un confessionnal de la fesse et du cœur. Nous entrons dans une zone d’intimité publique qui dérange, mais qu’on ne saurait retirer à ses plus fervents défenseurs, quitte à la faire vivre dans un secret digne des plus atroces génocides du vingt-et-unième siècle. Les nécessiteux sont légion. Le patriarcat est un mythe sans fondement. Là où la pipe est vue par certains comme une soumission de la femme, elle est ici vue comme un pouvoir de celle-ci. C’est elle qui commande, qui choisit, qui donne, et qui enlève à son bon vouloir. Elle maîtrise l’ivresse qu’elle offre. Parce-que oui, elle offre. Les finances sont ce qu’elles sont mais deviennent un concept abstrait là où le social joue son rôle le plus magistral.

Payer ses factures. Voir le verre à moitié vide.

Je préfère alors, quitte à le voir à moitié vide, loucher sur la bouteille à peine entamée et qui saura ensuite le remplir, ce putain de verre de mes couilles.

Parce-que oui, j’ai des couilles et je vous emmerde. Et ma bite est probablement plus dure que ne sera jamais la votre, même si elle ne fait qu’un demi centimètre.

Je suis une Reine là où d’autres voient une serpillière. Question de point de vue. Comme on valorisera toujours l’ingénieur au chômage au plombier dont les affaires tournent, on admet la gynécologie, la kinésithérapie et la psychiatrie comme importantes car d’utilité médicale. Qu’en est-il de toutes les activités de sensibilité qui ne requièrent aucunes études ? Le résultat est sensiblement le même, oui, mais : des illettrés pourraient le faire. Est-ce en ça que ça dérange ?

Je te veux, mais sans cette part d’humanité qui te rend grandiose. Parce-que cette part d’humanité là, je la veux juste pour moi, et les autres peuvent bien crever, je m’en branle. D’ailleurs si je pouvais te jouir sur la gueule, au passage…

Bonne nuit, et ne prenez pas de drogue, c’est mal.

Bon, j’ai fait un nouveau thème, j’en avais marre de l’autre. Il est plus doux, tout ça…

P.S. : Charlène, je pense à toi, je t’écris aussi vite que possible (oui, je suis une mauvaise amie à distance, mais je t’aime <3)